Appel à solidarité : trois résistants convoqués devant le juge pour avoir bloqué l’accès à plusieurs sites internet dont celui de l’ANDRA

Pour les frais d’avocat, et en prévision de potentielles amendes qui pourraient leur tomber dessus, nous lançons un appel à soutien pour les anonymous.
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En inscrivant au dos du chèque : Soutien anonymous .
(Le CAR, c’est le Comité Anti-Répression…)
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(déductible de 66% des impôts évidement pour les personnes imposables)

Le 9 novembre dernier, trois résistants dont Loïc étaient convoqués devant le juge pour avoir bloqué l’accès à plusieurs sites internet dont celui de l’ANDRA durant quelques heures. Voici le contenu de sa dernière prise de parole lors de ce procès, retranscrite par lui-même :

« Madame la présidente,

Je reconnais et comprends que certaines attaques informatiques peuvent causer des graves dommages et soient réprimées sévèrement. Mais internet doit rester un lieu de liberté d’expression et de contestation. Il faut replacer la DDOS (attaque par déni de service) dans son contexte, il n’y a eu aucun dommage, c’est ici la volonté de faire passer un message.

J’ai l’impression que les moyens classiques pour protester ne sont pas considérés et sont négligés. En 2006, une pétition signée à la main par plus de 50 000 habitants de Meuse et de Haute-Marne qui demandait un référendum sur l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure a été ignorée et rejetée par le conseil général de la Meuse. Cet été, ce déni-démocratique fut confirmé avec un amendement sur le projet d’enfouissement à Bure (Cigéo) qui a été glissé dans la loi macron par le 49-3 pour éviter un débat parlementaire. Amendement, heureusement rejeté par le conseil constitutionnel qui a estimé avec raison que cela n’avait rien à voir avec ce projet de loi relatif à la croissance.
Ce n’est pas avec cet esprit sournois de magouille que nous devons gérer ces déchets radioactifs et offrir chaque année un total de 60 millions d’euros au conseil général de la Meuse et de la Haute-Marne. Cela confirme cet esprit de bassesse qu’incarne le lobby nucléaire. J’y vois là plutôt un danger, cet argent achète les consciences, ce dédommagement financier laisse sous-entendre un dommage dû à l’enfouissement.

(Ici juste avant mon écrivain préféré la présidente me dit de m’arrêter.)

Henry David Thoreau disait, dans son écrit “Comparaison entre les politiques morales des châtiments sévères et cléments” :
« Dans la mesure où seul l’intérêt public est concerné, le châtiment est justifiable, si nous franchissons cette frontière, notre propre conduite devient criminelle. »

Ai-je agi contre l’intérêt public ? Est-ce dans l’intérêt public de laisser faire ces mêmes personnes qui balançaient autrefois les déchets nucléaires dans l’océan ou sur les côtes somaliennes ? Et qui veulent les mettre maintenant sous notre terre pour plus d’1 million d’années en achetant à coup de dizaines de millions d’euros notre silence ?
Il est dans l’intérêt public d’organiser un débat public sur la manière de gérer les déchets nucléaires. Ne pas laisser cette opportunité à des personnes irresponsables. Nous devons demander l’organisation d’un référendum sur la question de la gestion des déchets nucléaires à Bure. Ce projet est d’envergure national voir international, avoisinant le coût de 40 milliards d’€.

J’ai été physiquement présent le jour de la mort d’un militant à Sivens où les grenades explosives de la gendarmerie ont aléatoirement été lancées en grand nombre. J’ai été profondément choqué de voir la violence complètement démesurée et d’apprendre le lendemain, qu’un des opposants, Rémi Fraisse, y a laissé sa vie. »

Source : Bure Zone Libre